Big Ukulélé Syndicate : «La machine à rêver vient vous tendre la main»

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Chronique : Lucie Trebossen, photos : Olivier Letz

Un syndicat de Ukulélé ? Non vous ne rêvez pas, ce groupe Grenoblois incarne à lui seul le meilleur ambassadeur pour la reconnaissance d’un instrument trop souvent réduit aux musiques hawaïennes.

Redonner ses lettres de noblesse au Ukulélé, c’est l’ambition d’une sélection de musiciens, issus de diverses formations grenobloises. Ces syndicalistes en ont la conviction, le ukulélé ne sert pas juste à passer le temps.

On est à l’Heure Bleue de Saint Martin d’Hères (38) et c’est ce jour, 15 octobre 2019 que leur premier EP sort. Les fans sont au rendez-vous, la salle est complète. Il s’agit d’un concert assis, alors on s’installe confortablement et on se laisse embarquer dans ce « Rêve Général ». 

 

 

Vêtus de leurs traditionnels « bleus de travail » une dizaine de musiciens-syndicalistes arrivent des quatre coins de la salle en sifflotant. Ils se racontent les dernières nouvelles, certains en pédalant sur un Métrovélo. Progressivement les 8 Ukuléléistes prennent place de part et d’autre de la scène, accompagnés d’un percussionniste et d’un batteur qui a failli manquer l’heure !

 

 

Le chanteur et la chanteuse incarnent sur scène le rôle des patrons, eux aussi habillés de bleus. Bien qu’il s’agisse d’une veste longue et d’une robe, plus classes que la tenue des travailleurs, on imagine que la rivalité patron/syndicat à laquelle ils nous ont habitués lors des mises en scène de leurs précédents spectacles, risque d’être quelque peu bouleversée aujourd’hui.

 

 

La troupe est au complet, le spectacle peut commencer. Dès le premier morceau on remarque la qualité de mise en scène. Tels des automates, un à un éclairés, les musiciens s’animent. C’est dans cet accelerando que toute la scène prend vie.

 

Ce soir pas de reprise de Take on me ou Born to be Wild. Place à des morceaux composés par leurs soins au Ukulélé. Les titres sont tous en anglais. Volonté du groupe pour que le public se concentre sur la musicalité des mots plutôt que sur leur sens. On l’entend rapidement, la musique est bien à l’honneur et les sonorités naturelles du Ukulélé sont sublimées par l’utilisation d’instruments amplifiés ainsi que de pédales d’effets.

 

 

« Injectez-vous de la rythmique dans vos veines et venez avec nous au pays des merveilles ! »

 

Les morceaux qui s’enchaînent donnent envie de danser. Tout le monde reste sagement assis. Mais on observe des pieds qui tapent le sol. Des épaules qui se balancent de droite à gauche suivant le rythme.

Comme pressenti, la hiérarchie établie s’atténue au fil du concert. On assiste à un moment inédit lors duquel les musiciens se relaient au micro pour chanter, et les chanteurs grattent quelques accords de ukulélé.

 

 

La bonne entente qui semble s’installer entre ces syndicalistes et leurs patrons reste fragile. Elle est soudainement perturbée par l’électrocution d’un musicien !

 

Les directeurs auraient-ils drastiquement réduit le budget alloué pour la régie ? Les lumières de service se rallument éclairant à la fois la scène et la salle. C’est l’heure de faire appel au salvateur Kit de Ukulélé de Secours. Intermède durant lequel les musiciens ont pu s’adonner à une succession de courtes reprises musicales avec les moyens du bord : un Ukulélé acoustique, ça va de soi. Après quelques blagues approximatives de la part d’Ivan Olivier, la tentative de François Thollet de jouer sur un ukulélé de droitier, ou une interprétation de Jésus revient par Mathias Chanon, tout rentre finalement dans l’ordre : «Qu’importent les accrocs, la machine se relève et c’est tout notre monde qui se met à rêver ».

 

 

Le spectacle se poursuit, alternant chansons et diverses activités incongrues telles qu’une séance de muscu avec des pieds de micro rythmée par un solo du percussionniste Florent Diara.

Après un canon a cappella aux paroles énigmatiques la fin du spectacle approche. Un rappel est de mise face à l’enthousiasme du public qui a fini par se décoller de son siège !

Il s’est passé tellement de choses sur scène ce soir : concert, spectacle, humour et une bonne dose de second degré. On ne peut que vous encourager à aller les découvrir en Live, c’est bien là qu’ils excellent !

 

 

 

 

 

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