Eliasse – Métissage musical des Comores

: 3min30

 

Nous sommes très contents de pouvoir vous proposer aujourd’hui un retour sur une découverte musicale inattendue. En effet, alors que nous nous étions déplacés à La Belle Électrique de Grenoble pour assister au concert de Groundation et rencontrer Môssieu Harrison Stafford, nous avons été pris d’un coup de cœur pour l’artiste qui accompagne le groupe sur la tournée pour assurer la première partie : Eliasse. Alors ni une ni deux, on s’est renseigné, on a écouté, on l’a contacté et on l’a rencontré !

Eliasse Joma est un artiste originaire des Comores. Pour resituer rapidement, l’archipel des Comores c’est un ensemble de 4 îles situées dans l’océan Indien entre le Nord de Madagascar et les côtes du Mozambique. Lui n’avait pas tout de suite envisagé la musique pour occuper sa vie. Il s’est d’abord passionné pour le football, discipline à laquelle il a consacré plusieurs années. Un petit passage par l’école supérieure en droit plus tard et le voilà qui fini par trouver la voie qu’il ne lâchera plus par la suite : la musique.

 

 

Autodidacte et multi-instrumentiste, Eliasse est chanteur, guitariste et percussionniste.

Il est auteur-compositeur-interprète et propose depuis le début des années 2000 une musique qui mélange Blues, Soul, Reggae, Rock, Funk, Afro-Beat ou Jazz parfois et toujours musiques traditionnelles des îles Comoriennes. Comme ça on pourrait se dire qu’un tel mixe n’a aucune chance d’être mauvais, et on aurait raison ! Les Comores sont par nature une terre de métissage. Retrouver ce métissage dans la musique de l’artiste relève d’une certaine logique. 

 

 

En 2019 il suit une grande partie de la formation de Néo-Reggae Californienne Groundation. Néo-Reggae ça ne veut rien dire, mais leur musique ne pourrait être définie en un mot. On se penchera plus en détails sur leur cas dans une autre chronique. Sur la vingtaine de dates du groupe, Eliasse assure quelques 17 premières parties, voyageant sur la route avec eux dans le tour-bus.

 

 

Ce soir-là à La Belle Électrique il avait une bonne demi-heure pour présenter au public sa musique.

C’est très très court, alors on a fait en sorte de ne pas en perdre une miette. Il fera son entrée incognito par la même porte par laquelle rentre le public dans la salle. Un public qui ne se sent pas très pressé de finir sa bière pour assister au spectacle. Il faut dire que bousculer l’heure de l’apéro c’est risqué. 

 

 

Eliasse possède un sacré panel d’instruments en tous genres, et construit sa musique en créant un grand mélange à l’aide d’un Looper au pied. Ukulélé, Stomp Box, sifflets et percussions divers, il y a de tout dans son univers musical.

Sa force, au delà des instrumentations, c’est sa voix.

Il chante la plupart du temps dans son dialecte Comorien natal. Les quelques effets qu’il utilise pour gonfler sa voix n’empêchent pas de constater la puissance de son chant, particulièrement dans les aigus. Féru de polyphonies vocales, le chanteur en use généreusement dans ses compositions. Supportées par des rythmiques traditionnelles, le résultat est assez envoûtant. 

 

 

“D’habitude c’est maintenant ou jamais, mais exceptionnellement ce soir c’est maintenant ou maintenant”. L’idée c’est de réveiller un peu le public timide, qui arrive à peine dans la salle. Forcément, seul sur la grande scène de La Belle Électrique c’est dur d’installer une présence forte. Cependant, on se dit que dans un cadre un peu plus intimiste le show doit prendre une toute autre dimension. La musique d’Eliasse c’est un voyage, et ça il n’y a pas besoin d’entendre plus d’un titre pour s’en rendre compte. 

 

 

Trois chansons plus tard, le public aura triplé dans la salle. 30 minutes pour dérouler autant d’influences et d’instruments c’est un challenge. On retiendra l’utilisation du Kazoo, Eliasse rentrant ainsi dans la courte liste des artistes assez courageux pour faire sonner ce vilain petit canard des instruments de musique sur scène ! Le Blues a effectivement une place toute particulière dans son champs d’inspirations. Et mélangé avec des sonorités/onomatopées tribales ça fonctionne parfaitement. 

 

 

En guise de promo, il précisera qu’il n’a rien à vendre, seulement de la musique à offrir.

Et ça tombe bien c’est justement ce qu’on voulait nous, de la musique. Même si on aurait aimé avoir plus le temps de s’imprégner de son univers riche et original, ces quelques minutes de concerts ont été une bonne introduction à sa musique World alternative. On conseille sans modération d’aller assister à son spectacle à l’occasion des dates qui continuent dans toute la France jusqu’à fin Avril (voir ci-dessous). En plus après lui c’est Groundation, alors que demander de plus quand on aime la musique ?

 

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