Hippocampe Fou – Le cycle du Rap bienveillant

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Avec son troisième album « Terminus » sorti le 9 Mars 2018, le rappeur Français Hippocampe Fou clôturait un cycle de trois albums démarré en 2013 avec « Aquatrip » puis « Céleste » en 2015. Débutée au Printemps, sa tournée française s’achevait début décembre au CCO de Lyon pour une dernière immersion au sein du terrier de ce MC atypique salué par tous.

Pour le dernier rendez-vous de l’année avec son public à Lyon (Villeurbanne pour être précis), Hippocampe Fou a choisi de s’entourer de la scène locale et a donc invité Fafapunk sur la scène du CCO pour la première partie de soirée. Le rappeur Lyonnais est venu chanter son amour et son talent pour les mots accompagné de ses trois musiciens. Comme il le dit lui-même, Fafapunk aime penser à son art comme une manière de raconter à la voix ce que son cœur écrit. Loin de n’être qu’une jolie formulation dans sa biographie, cette phrase met le doigt sur l’élément central de l’univers du rappeur : raconter des histoires. Entre Rap, Slam et Spoken Words, il joue avec les mots pour dépeindre des situations tantôt poignantes tantôt plus légères.

Toujours avec la même franchise.

A l’aise avec le public, il improvise, rigole et prend à parti. On retiendra une impro A Cappella vraiment bluffante qui aura déclenché les rires et les applaudissements du public qui participe volontiers à l’exercice.  

 

 

Le son est propre.

Le timbre de voix du rappeur (qui rappellera à certains des artistes tels que Grand Corps Malade par exemple) se distingue parfaitement de l’instrumentation très mélodique. Elle est parfois même assez mélancolique. Musicalement il y a quelque chose d’intéressant entre cette guitare qui n’hésite pas à aller chercher du côté du Rock et la rythmique beatboxée qui elle reste très Hip-Hop. Leur set est assez court et ils quitteront la scène après une demi-heure de jeu et un rappel. Devant une salle déjà bien remplie et qui aura porté beaucoup d’attention à ses textes, Fafapunk aura donné le ton de la soirée en proposant un rap bienveillant portant l’amour des mots.  

 

 

Le temps du changement de plateau et voilà que la salle est pleine pour l’apparition d’Hippocampe Fou. Son public l’attend de pied ferme !  A peine a-t-il commencé à débiter quelques couplets tirés de son album « Terminus » que la température monte. Reconnu pour la fluidité et la technique de son débit autant que pour la sincérité de ses textes, le rappeur fait honneur à son art et à sa réputation. On retrouve les ingrédients de la recette qui font désormais sa marque de fabrique. Une diction irréprochable emportée par un timbre de voix puissant.

Pour chauffer la foule  il n’hésite pas à partir dans le rauque et amène parfois cette dimension quasi Ragga.

 

 

Autant dire qu’il en faut peu pour lancer le public.

Clairement la grande majorité des présents connaissent les textes du rappeur sur le bout des doigts. Très vite les grands classiques arrivent. Sur le lancement de « Presque rien » il demande à son public de se comporter comme de grands enfants, ces derniers s’exécutent instantanément. Sur scène ses musiciens le soutienne : un machiniste – percussionniste et un contrebassiste – flûtiste – saxophoniste. Ne pas oublier son acolyte MC de toujours, Céo. Dans le set s’enchaînent des morceaux de « Terminus » entrecoupés de classiques tirés de ses précédents albums. Son dernier album a été très bien accueilli par le public, c’est indéniable en Live.  Des titres comme « Dans l’fond », « Triste » ou « Dormez-vous » sont tout de suite repris en cœur par un public clairement connaisseur.

Il trouve son compte dans cet univers unique, entre rap et chanson.  

 

 

Pour ce qui est d’ambiancer une foule, Hippocampe Fou est devenu maître en la matière.

Pratiquement toutes les chansons sont amenées par une petite histoire ou un dialogue entre les musiciens. Parfois on sent arriver la chanson de loin, mais ça n’est pas important. On aime surtout cette façon que le rappeur a de nous parler, de nous inclure dans ses histoires. Il nous les apporte en toute bonne foi. Le rappeur sait que l’échange avec son public est important . On ne peut pas dire qu’il soit dans la demi-mesure à ce niveau.

Que ce soit en invitant des personnes du public sur scène pour chanter « Faut pas rigoler ». En prenant de longs bains de foule avec le public dans les pogos de la fausse . Parfois même en créant un Wall Of Death sur l’air de « Une chanson douce » A Cappella (oui oui vraiment !). Il se montre proche de son public et volontaire au contact. Bien sûr la démarche est très appréciée dans la salle, heureuse de se sentir bienvenue dans l’univers du rappeur.

 

 

Après un enchaînement ininterrompu de classiques repris à tue-tête (« Obélix », « Pas le temps »…) Hippocampe Fou termine avec « Underground » sur un ”Merci d’écouter mes p’tites histoires, merci d’y coire” ne faisant que renforcer ce sentiment de proximité entre la foule et lui, qui l’applaudit à n’en plus finir. Le rappel sera bien sûr demandé (très) énergiquement et c’est avec « Le Mal du Pays » que la soirée se terminera. On aura eu des textes, de la poésie, du rap et de la chanson et surtout de la bienveillance honnête.

Voilà qui fait honneur à ce courant alternatif déjà encensé (à juste titre) du Rap Français.

 

 

 

 

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