Klone – Nonsense – Shuffle – UnCut : 100% scène française du Rock au Metal !

: 7min

Chronique & photos : Barbara FG

C’est une très belle date qu’organisait Syncope Prod au Hard Rock Café de Lyon en ce jeudi 17 octobre 2019. A l’affiche, 4 groupes avec 3 formations émergentes. Uncut, Shuffle et Nonsense, venus défendre leur musique et chauffer la salle pour KLONE, étoile du rock/métal progressif français.

La soirée commence avec un peu de retard. Faire jouer quatre groupes s’avère parfois un beau challenge, mais qu’importe puisqu’elle va nous offrir de la musique de qualité. Ces artistes aux registres majoritairement « rock » bien que très différents ont tous un point commun. Un potentiel musical et scénique, qui on l’espère pour eux, pourrait les envoyer sur les plus grandes scènes mondiales. Une très belle soirée donc, signée 100% scène française.

 

 

Uncut (Poitiers) démarre la soirée. Trio rock déjanté créé il y a 3 ans (guitare-voix, guitare lead, batterie) et déjà digne héritier de la musique blues/rock des 60-70’s. On les découvre pendant leurs balances ce qui nous laisse le temps de les observer avant leur set .

Leur style, l’énergie qu’ils dégagent, sont de bons indices sur la performance qui va suivre.

Aux premiers sons des guitares on est tout de suite transporté dans l’imaginaire de Woodstock. Chant typé, guitares blues énervées, batterie aussi brute que fancy, tout y est ! Cette fougue livrée sur scène nous fait ressentir ce truc propre au rock énergique et virtuose – Jimmy Hendrix n’est pas si loin- : un sentiment de liberté se dégage dans l’atmosphère qui nous fait lâcher prise. Le public est conquis en quelques instants.

 

 

On peut imaginer que si Uncut avait joué un set complet, on aurait retrouvé les spectateurs cheveux longs, un bandana sur la tête et complètement en trans. Groupe absolument à découvrir donc pour les nostalgiques des belles années du rock et amateurs de groupes tels que Rivalsons. Uncut c’est tout simplement de la très bonne musique live, maître mot pour ce genre de formation.

 

 

C’est au tour de Shuffle (Le Mans) de monter sur les planches. Avec leur formation (guitare, basse, batterie, claviers, samples, percussions), ce quintet ne se cantonne pas à un seul style. Il offre une musique riche d’ambiances qui nous emmène vers le côté sombre de la soirée.

Entre rock, hip-hop, jazz, métal et sons éléctroniques, Shuffle propose une musique sans frontières.

Alternant entre un chant clair, rapé, growlé, une énergie proche de Rage Against The Machine se dégage. Elle laisse apparaître des instants ambiants colorés et progressifs, à l’instar de la scène américaine des années 2000. Le tout est très bien exécuté et on sent que le groupe n’en n’est pas à sa première date.

 

 

Shuffle travaille dans les détails. Jusqu’aux vocals back qui sont particulièrement bien placés et qui soutiennent le chant lead là où il faut, injectant une modulation de style à l’intérieur de chaque morceau. Le clavier, assuré, apporte l’ouverture musicale. La guitare et le basse-bat-voix forgent l’âme du groupe. Le tout pendant que les samples et les percussions distordent le style, nécessaire à l’esthétique voulue. Fans de Incubus, Porcupine Tree, ce groupe est fait pour vous !

 

 

 

Quand Nonsense arrive sur scène, on comprend qu’ils sont en terre conquise.

La salle est désormais remplie pour voir les lyonnais jouer. A en croire les chants qui s’élèvent dans le public, Nonsense est bel et bien en train de creuser sa place dans le paysage du métal progressif local.

La performance, à la hauteur des attentes, est récompensée par un public survolté.

On peut voir le sourire sur les visages des musiciens, en totale symbiose avec le public du Hard Rock Café, surpris et touché par cet accueil. Entre envolées mélodiques et riffs sombres et puissants, le métal de Nonsense nous fait passer par toutes les émotions.

 

 

Les guitares sont virtuoses. Menées par un frontman à l’aise aussi bien dans le growl que le chant clair, pendant que le duo bass-batterie scelle la puissance des compositions. Le public en redemande mais il est temps de laisser la place aux tant attendus KLONE. Nonsense leur aura laissé une salle surchauffée ! Pour en savoir plus sur Nonsense, n’hésitez pas à aller jeter un œil à notre chronique live de leur release party du 8 février 2019 ainsi que notre interview vidéo réalisée à cette occasion !

 

 

 

Nous arrivons maintenant au terme de la soirée, prêts à embarquer dans le « Grand Voyage » de KLONE.

Klone (Poitiers) c’est désormais cinq musiciens. Guillaume Bernard (guitare, fondateur du groupe), Yann Ligner (chant depuis 2004), et Aldrick Guadagnino (guitare depuis 2012) forment le cœur de la formation. Ils ont accueilli cette année sur scène Martin Weill (batterie), et Jonathan Joly (basse). Nous les avions vu sur scène lors de l’édition 2019 du HellFest le 21/06, et nous avions hâte de les retrouver pour un concert avec un set plus long. C’est le cas ce soit puisqu’ils sont la tête d’affiche du Hard Rock Café de Lyon.

 

 

Pendant sa pause acoustique avec « Unplugged », Klone a pris le temps d’écrire un album. « Le Grand voyage » vient tout juste de sortir chez le label Kscope (le 20 septembre 2019). Son nom est particulièrement bien choisi car c’est exactement ce qu’évoquent les ambiances des morceaux proposés ce soir, pour beaucoup tirés de ce nouvel opus.

Klone signe avec « Le Grand Voyage » un album entre rock et métal dans lequel l’esthétique « progressive » prend tout son sens.

L’harmonie musicale étant extrêmement travaillée, elle nous emporte dans un ailleurs. Un lieu abstrait et pourtant proche de nous, comme évoqué dans les paroles des différents morceaux.

 

 

Pour représenter cet espace hors du temps, c’est une double tornade.

Celle de la pochette d’album, qui apparait derrière les musiciens sur l’écran de la scène du Hard Rock Café. La puissance des riffs et le travail sur l’intensité des différentes lignes musicales prennent leur ancrage dans cette image aussi inquiétante qu’hypnotisante. Ces nuées ne sont probablement pas un choix d’image au hasard. Symbole métaphorique de l’onirisme, la musique semble planer dans la (« klono- ») sphère, au-delà du monde terrestre.

La présence d’un soleil entre ces nuages montre une sorte de chemin, d’aboutissement, et d’objectif commun. Un rappel de la force de l’instant du live en train de se créer entre les artistes et les spectateurs. La musique de Klone a bien cet effet. Celui d’un voyage introspectif qui nous fait rentrer au plus profond de nous-même. Il nous donne aussi la force d’en ressortir, avec des yeux nouveaux et bienveillants sur ce qui peut se produire autour de nous.

 

 

Mais c’est aussi d’un monde « upside-down » dont parle ce nouvel album.

La saturation des guitares et de la basse, et la juste puissance de la batterie, sont ici pour nous rappeler que quelque chose gronde dans les abîsses de l’âme humaine. Sur l’écran, des gouttes d’encre noir tombent et se mélangent en apesanteur. Quelques morceaux plus tard c’est un visage qui semble s’ancrer dans une masse mouvante, grandissante et inquiétante. La spirale de la tornade refait surface plongeant la salle dans le noir. C’est un moment hors du temps, dans un espace paradoxalement intime.

 

 

Servie par un chant irréprochable en tout point de vue, autant dans les envolées lyriques que dans les cris puissants, le flot de la musique s’écoule, emportant le public avec elle dans les tréfonds les plus sombres, jusqu’aux instants les plus lumineux.

Technicité, justesse dans les intentions musicales, et émotions se retrouvent dans chaque instrument.

Klone, en dehors d’avoir réussi une création qui fait à ce jour l’unanimité, renforce le lien avec son public de morceau en morceau, et l’emmène de plus en plus profondément dans ce rêve conscient. Le public plane en même temps que les musiciens. Cette présence scénique se construit dans la simplicité. On sent la complicité du quintette et l’envie d’être proche du public venu en nombre pour l’occasion.

 

 

On assiste à une véritable communion, presque pudique, que l’on ressent dans les fins de morceaux : le public attend jusqu’à la dernière note pour applaudir, démontrant un respect total pour la composition musicale.

Si vous n’avez pas encore découvert leur travail, on vous invite sans plus attendre à aller découvrir leur nouvel album, car Klone a de grands et beaux jours devant lui !

 

 

 

 

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